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La tonométrie

Qu’est-ce qu’une tonométrie ?

La tonométrie est un examen ophtalmologique essentiel permettant de mesurer la pression intraoculaire (PIO). Cet examen est crucial pour détecter des anomalies oculaires telles que le glaucome, une pathologie qui entraîne une augmentation de la pression intraoculaire, susceptible de causer des dommages irréversibles au nerf optique. La mesure précise de la pression intraoculaire aide les ophtalmologues à diagnostiquer et à surveiller les maladies oculaires afin d’éviter des complications graves, notamment la perte de vision.

Pourquoi évaluer le tonus oculaire ?

Évaluer le tonus oculaire, c’est-à-dire mesurer la pression intraoculaire, est d’une importance capitale pour préserver la santé visuelle. Une pression intraoculaire élevée peut indiquer un glaucome, une pathologie oculaire silencieuse mais potentiellement dévastatrice. Le glaucome est souvent asymptomatique aux premiers stades, mais il peut progressivement endommager le nerf optique et conduire à une perte de vision irréversible. Les patients diabétiques sont particulièrement à risque, car ils sont susceptibles de développer des complications oculaires telles que la rétinopathie diabétique et le glaucome néovasculaire. Par conséquent, une surveillance régulière du tonus oculaire est recommandée pour prévenir et gérer ces pathologies.

Comment le tonomètre permet de mesurer la pression intraoculaire ?

Le tonomètre mesure la pression intraoculaire en évaluant la résistance de la cornée à une force appliquée. Il existe plusieurs méthodes pour effectuer cette mesure :

  1. Tonomètre à aplanation (Goldmann) : Considéré comme l’étalon-or international, ce dispositif mesure la force nécessaire pour aplatir une zone spécifique de la cornée. Cette méthode directe et précise nécessite l’utilisation d’un collyre anesthésiant.
  2. Tonomètre à air pulsé : Cette méthode non invasive utilise un micro-jet d’air pour déformer la cornée et mesurer sa résistance. Elle ne nécessite pas d’anesthésie et est rapide à réaliser.
  3. Palpation bi-digitale : Méthode moins précise où le médecin évalue estimativement le tonus oculaire par palpation manuelle.
  4. Tonomètre à bouffée : Utilise une bouffée d’air pour déterminer la PIO en se basant sur la déformation cornéenne provoquée par l’air.

Ces différentes méthodes permettent aux ophtalmologues de choisir l’approche la plus adaptée en fonction des besoins spécifiques du patient et des conditions cliniques présentes.

Comment se déroule une tonométrie ?

Le tonomètre à aplanation (tonomètre de Goldmann)

Le tonomètre à aplanation Goldmann est largement reconnu pour sa précision dans la mesure de la pression intraoculaire. Voici comment se déroule cet examen :

  1. Préparation du patient : Le patient s’installe face à une lampe à fente, son menton reposant sur une mentonnière et son front contre un support frontal pour stabiliser sa tête.
  2. Application du collyre anesthésiant : Un collyre anesthésiant est administré dans l’œil pour engourdir temporairement la cornée et rendre l’examen indolore.
  3. Utilisation du tonomètre : L’ophtalmologue applique délicatement un cône aplatisseur sur la cornée du patient. Ce dispositif mesure la force nécessaire pour aplatir une petite surface circulaire de la cornée.
  4. Lecture de la PIO : La pression intraoculaire est ensuite lue directement sur l’échelle graduée du tonomètre.

Le tonomètre à air pulsé

La tonométrie à air pulsé est une méthode non invasive fréquemment utilisée pour sa rapidité et son confort :

  1. Installation du patient : Le patient fixe son regard sur un point lumineux au centre de l’appareil.
  2. Envoi du jet d’air : Un souffle d’air rapide est projeté sur la cornée.
  3. Mesure de déformation cornéenne : La déformation de la cornée par le jet d’air est analysée pour calculer la pression intraoculaire.

Cette méthode ne nécessite pas d’anesthésie et est particulièrement adaptée aux dépistages rapides.

L’autoréfractomètre

L’autoréfractomètre, principalement utilisé pour mesurer les erreurs de réfraction, intègre souvent des fonctions de mesure de la pression intraoculaire :

  1. Positionnement du patient : Le patient place son menton sur un support tout en fixant un point lumineux dans l’appareil.
  2. Exécution automatique des mesures : L’appareil envoie un faisceau lumineux dans l’œil et mesure les réflexions pour déterminer les erreurs réfractives ainsi que, dans certains cas, la pression intraoculaire.

Bien que moins précis que les méthodes spécifiques comme celle du Goldmann, l’autoréfractomètre offre une mesure rapide et pratique.

Quelle est la place de la tonométrie dans l’examen du diabétique ?

La tonométrie joue un rôle central dans l’évaluation ophtalmologique des patients diabétiques, car elle permet de détecter précocement les complications telles que le glaucome néovasculaire qui peuvent résulter de conditions comme la rétinopathie diabétique. Les patients diabétiques présentent un risque accru d’élévation de la pression intraoculaire due à des anomalies vasculaires au niveau rétinien pouvant affecter le drainage normal de l’humeur aqueuse. Par conséquent, il est recommandé aux patients diabétiques de passer régulièrement des examens ophtalmologiques incluant des mesures de PIO afin d’assurer une prise en charge précoce et efficace des complications potentielles.

Quels sont les autres examens utiles en ophtalmologie à la prise en charge de la rétinopathie diabétique ?

En complément de la tonométrie, plusieurs autres examens sont essentiels pour une gestion complète et approfondie de la rétinopathie diabétique :

  1. Examen de l’acuité visuelle : Évaluation fondamentale permettant d’apprécier l’impact global du diabète sur la vision.
  2. Fond d’œil avec mydriase : Permet une visualisation détaillée de la rétine après dilatation pupillaire afin d’identifier les signes précoces ou avancés de rétinopathie diabétique.
  3. Examen rétinien par ophtalmoscopie directe ou indirecte : Utilisé pour observer directement les structures rétiniennes.
  4. Biomicroscopie à la lampe à fente : Permet une évaluation détaillée des segments antérieur et postérieur de l’œil.
  5. Photographie rétinienne : Captures détaillées des structures rétiniennes utilisées pour le suivi longitudinal des changements pathologiques.
  6. Tomographie par cohérence optique (OCT) : Fournit des images en coupe transversale haute résolution des structures rétiniennes pour détecter les œdèmes maculaires ou autres anomalies structurelles liées au diabète.
  7. Angiographie à fluorescéine : Utilisée pour examiner les vaisseaux sanguins rétiniens afin d’identifier les fuites vasculaires ou les occlusions capillaires.
  8. Mesure de la pachymétrie : La mesure de l’épaisseur de la cornée est cruciale pour interpréter correctement les résultats de la tonométrie.

Ces examens complémentaires permettent aux ophtalmologues d’obtenir une vue d’ensemble exhaustive sur l’état visuel du patient diabétique et d’ajuster leur plan thérapeutique en conséquence.

Vos questions

Quelles différences entre pachymétrie et tonométrie ?

La pachymétrie et la tonométrie sont deux examens distincts mais complémentaires dans le domaine ophtalmologique :

  • Pachymétrie : Mesure l’épaisseur centrale de la cornée en micromètres (µm). Cette information est cruciale car elle peut influencer les mesures de pression intraoculaire ; une cornée plus épaisse peut entraîner une surestimation, tandis qu’une cornée plus fine peut sous-estimer cette valeur.
  • Tonométrie : Mesure directement la pression intraoculaire (en millimètres de mercure – mmHg). La précision des valeurs obtenues peut être ajustée en tenant compte des résultats pachymétriques.

La valeur normale de pression intraoculaire se situe généralement entre 8 et 21 mmHg (millimètres de mercure). Des valeurs dépassant cette fourchette peuvent indiquer un risque accru de glaucome ou autres pathologies nécessitant un suivi attentif et éventuellement une intervention thérapeutique.

Un tonomètre fonctionne selon différentes méthodes visant toutes à évaluer avec précision la pression intraoculaire :

  • En appliquant une force directe sur la cornée (comme dans le cas du tonomètre à aplanation) et mesurant cette force nécessaire pour aplatir partiellement celle-ci.
  • En envoyant un jet d’air rapide (tonomètre à air pulsé) qui déforme temporairement la cornée ; cette déformation permet ensuite le calcul indirect mais précis du PIO basé sur le retour du jet.

Pour mesurer efficacement votre tension oculaire (pression intraoculaire), plusieurs types d’examens peuvent être employés :

  • Tonométrie par aplanation utilisant notamment le dispositif Goldmann pour sa grande précision.
  • Tonométrie par air pulsé offrant rapidité sans nécessiter anesthésie.
  • Autoréfractomètre intégrant parfois la fonctionnalité associée permettant une estimation rapide des tensions intra-oculaires.

L’utilisation ou non d’un anesthésiant dépend principalement du type spécifique de tonomètre employé lors de la réalisation de l’examen.

Pour utiliser correctement un appareil type « tonomètre à aplanation », il est requis d’utiliser préalablement un collyre local assurant un confort maximal durant le contact direct léger avec la surface cornéenne.

Cependant, concernant la « tonométrie à air pulsé », l’intervention demeure totalement non-invasive et n’implique pas le recours systématique à des agents anesthésiants supplémentaires.

Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 10 juillet 2024
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