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L'insulinothérapie

Qu’est-ce que l’insuline ?

L’insuline est une hormone essentielle sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas. Son rôle principal est de réguler le taux de glucose (glycémie) dans le sang, en permettant aux cellules de capter le glucose pour le convertir en énergie et en réserves. Chez une personne non diabétique, la sécrétion d’insuline augmente en réponse à l’ingestion de glucides, ce qui aide à maintenir une glycémie stable. En revanche, chez les personnes atteintes de diabète, ce mécanisme est perturbé, nécessitant souvent une intervention thérapeutique sous forme d’insulinothérapie.

Comment s’intègre l’insulinothérapie dans le traitement antidiabétique ?

L’insulinothérapie est un pilier du traitement pour les diabétiques de type 1, qui sont insulino-dépendants dès le diagnostic. Pour les diabétiques de type 2, l’insulinothérapie devient nécessaire lorsque les traitements oraux et les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent plus à contrôler la glycémie. Cela peut également être le cas de manière transitoire pour les femmes atteintes de diabète gestationnel. Chez les diabétiques de type 2, une activité physique régulière est souvent recommandée en complément de l’insulinothérapie. L’insulinothérapie permet de compenser la déficience en insuline endogène et de maintenir un équilibre glycémique optimal, réduisant ainsi les risques de complications.

Quels sont les différents types d’insuline ?

Insulines d’action rapide

Les insulines d’action rapide sont conçues pour contrôler la glycémie postprandiale, c’est-à-dire après les repas. Elles commencent à agir en 15 à 30 minutes et ont une durée d’action d’environ 3 à 5 heures. Parmi les exemples courants, on trouve l’insuline lispro, l’insuline aspart, et l’insuline glulisine. Ces insulines sont injectées juste avant ou immédiatement après un repas pour gérer les pics de glycémie. Les analogues rapides sont particulièrement efficaces pour gérer les fluctuations rapides de glycémie.

Insulines lentes

Les insulines lentes, également appelées insulines basales, fournissent une libération d’insuline prolongée pour maintenir une glycémie stable entre les repas et pendant la nuit. Elles ont un début d’action plus lent, généralement de 1 à 2 heures, et une durée d’action pouvant aller jusqu’à 24 heures ou plus. Les insulines glargine, detemir et degludec sont des exemples d’insulines basales. Elles sont souvent utilisées dans les schémas d’insulinothérapie pour fournir un « débit de base » d’insuline.

Insulines d’action intermédiaire

Moins utilisées de nos jours, les insulines d’action intermédiaire, comme l’insuline NPH (Neutral Protamine Hagedorn), ont un début d’action de 1 à 2 heures et une durée d’action de 12 à 18 heures. Elles sont souvent administrées en deux doses par jour pour couvrir les besoins basaux en insuline.

Insulines prémixées (mélanges)

Les insulines prémixées combinent des insulines à action rapide et des insulines à action intermédiaire ou lente. Ces mélanges sont conçus pour simplifier le schéma d’injection en réduisant le nombre d’injections quotidiennes. Par exemple, un mélange 70/30 contient 70% d’insuline NPH et 30% d’insuline régulière. Ils sont souvent utilisés chez les patients ayant des difficultés à gérer des schémas d’injection plus complexes.

Comment fonctionnent les schémas d’insulinothérapie conventionnelle ?

L’insuline basale

L’insuline basale, ou insuline lente, est administrée pour fournir une libération continue d’insuline afin de maintenir une glycémie stable entre les repas et pendant la nuit. Elle imite la sécrétion naturelle d’insuline du pancréas au repos. L’objectif est de couvrir les besoins basaux en insuline et de prévenir les augmentations de la glycémie en dehors des repas.

L’insuline bolus

L’insuline bolus, ou insuline prandiale, est injectée avant les repas pour contrôler les élévations rapides de la glycémie causées par l’ingestion de glucides. Elle agit rapidement pour limiter les pics glycémiques postprandiaux. Les insulines rapides et analogues rapides sont couramment utilisées pour les injections bolus.

Comment fonctionne l’insulinothérapie fonctionnelle ?

L’insulinothérapie fonctionnelle vise à ajuster les doses d’insuline en fonction de l’apport alimentaire, de l’activité physique et des résultats de la glycémie. Ce type de traitement offre une grande flexibilité et permet aux patients d’adapter les doses d’insuline en temps réel, en fonction de leurs besoins individuels.

Les patients apprennent à compter les glucides et à ajuster leurs doses d’insuline en fonction de la quantité de glucides consommés, de leur glycémie actuelle et de leur niveau d’activité physique. Ce type de schéma peut inclure des injections multiples quotidiennes de petites doses d’insuline rapide avant chaque repas, en plus d’une ou deux doses d’insuline basale par jour.

Qu’est-ce que l’insulinothérapie intensive ?

L’insulinothérapie intensive, souvent appelée schéma basal-bolus, implique l’utilisation de multiples injections quotidiennes d’insuline rapide et lente pour imiter la sécrétion naturelle d’insuline du pancréas. Ce schéma est conçu pour offrir un contrôle glycémique optimal et réduire les risques de complications à long terme. L’insuline basale est administrée une ou deux fois par jour, tandis que l’insuline bolus est injectée avant chaque repas.

Comment réaliser les injections d’insuline ?

Les injections d’insuline sont généralement administrées par voie sous-cutanée à l’aide de seringues, de stylos injecteurs ou de pompes à insuline. Voici quelques étapes clés pour réaliser une injection d’insuline :

  1. Préparation : Lavez-vous les mains et préparez le matériel nécessaire (seringue ou stylo injecteur, insuline, coton et désinfectant).
  2. Dosage : Sélectionnez la dose d’insuline prescrite.
  3. Injection : Choisissez un site d’injection approprié (abdomen, cuisses, fesses ou bras). Alternez les sites d’injection pour éviter les lipodystrophies.
  4. Technique : Pincez doucement la peau et insérez l’aiguille à un angle de 90 degrés. Injectez lentement l’insuline et retirez l’aiguille.
  5. Après l’injection : Appliquez une légère pression avec du coton sur le site d’injection, si nécessaire. Il est important d’injecter au bon moment des repas pour maximiser l’efficacité de l’insuline rapide.

Quelles sont les complications possibles de l’insulinothérapie ?

L’insulinothérapie peut entraîner certaines complications, qu’il est essentiel de surveiller et de gérer avec soin :

  • Hypoglycémie : Une chute excessive du taux de glucose sanguin, pouvant provoquer des symptômes tels que des tremblements, des sueurs, des palpitations, une confusion et, dans les cas graves, une perte de conscience. La surveillance régulière de la glycémie est cruciale pour prévenir et traiter rapidement les épisodes d’hypoglycémie.
  • Lipodystrophie : Altérations du tissu sous-cutané, telles que des lipohypertrophies (amas graisseux) ou des lipoatrophies (pertes de tissu graisseux), dues à des injections répétées au même endroit. Alterner les sites d’injection est recommandé pour prévenir ces changements.
  • Réactions allergiques : Bien que rares, des réactions allergiques peuvent survenir, se manifestant par des rougeurs, des démangeaisons ou des gonflements au site d’injection. Consultez votre médecin en cas de réaction suspecte.

Comment l’insuline s’intègre dans le traitement du diabète de type 2 ?

Pour les patients atteints de diabète de type 2, l’insulinothérapie est envisagée lorsque les antidiabétiques oraux et les modifications du mode de vie ne parviennent plus à maintenir un contrôle glycémique adéquat. L’objectif est de réduire les niveaux d’HbA1c et de prévenir les complications à long terme du diabète. Il est crucial de maintenir un équilibre de la glycémie pour éviter les complications. L’insulinothérapie peut être initiée avec une insuline basale, et des ajustements sont faits en fonction des besoins individuels du patient, en tenant compte de facteurs tels que l’âge, le poids, le mode de vie et les habitudes alimentaires.

Quand peut-on mettre en place une pompe à insuline ?

La pompe à insuline est une option avancée pour les patients dont le contrôle glycémique n’est pas optimal avec les schémas d’injections multiples. Elle est particulièrement bénéfique pour ceux qui ont des épisodes fréquents d’hypoglycémie ou une variabilité glycémique importante. La pompe délivre de petites quantités d’insuline rapide en continu (débit basal) et permet des bolus supplémentaires avant les repas. Cette méthode offre une flexibilité accrue et un meilleur contrôle de la glycémie.

Vos questions

Comment faire l'insulinothérapie ?

L’insulinothérapie doit être personnalisée et supervisée par des professionnels de santé. Elle implique généralement des injections d’insuline basale et bolus, avec une surveillance régulière de la glycémie. Les doses sont ajustées en fonction des besoins individuels, des apports alimentaires et de l’activité physique. Il est également important de vérifier s’il existe une contre-indication avant de commencer l’insulinothérapie.

L’objectif de l’insulinothérapie est de maintenir une glycémie proche de la normale pour prévenir les complications aiguës et chroniques du diabète. Cela passe par l’ajustement des doses d’insuline pour couvrir les besoins basaux et prandiaux.

L’insulinothérapie est nécessaire pour tous les patients atteints de diabète de type 1, car leur pancréas ne produit pas d’insuline. Pour les diabétiques de type 2, l’insuline est utilisée lorsque les autres traitements ne suffisent plus à contrôler la glycémie.

L’insuline permet aux cellules de capter le glucose circulant dans le sang pour le convertir en énergie. Elle est essentielle pour réguler le taux de sucre dans le sang et prévenir l’hyperglycémie.

La dose d’insuline est déterminée en fonction de plusieurs facteurs, notamment le poids, l’alimentation, l’activité physique, le taux de glycémie actuel et les objectifs glycémiques. Les ajustements sont faits en fonction des résultats de la surveillance glycémique pour assurer une quantité suffisante d’insuline.

L’insuline lente est généralement injectée avant le dîner ou au coucher pour contrôler la glycémie pendant la nuit et à jeun. L’objectif est de fournir une libération continue d’insuline pour maintenir une glycémie stable entre les repas et pendant la nuit.

L’insuline peut être administrée par injection sous-cutanée à l’aide de seringues, de stylos injecteurs ou via une pompe à insuline. Les stylos injecteurs peuvent être rechargeables ou jetables et sont composés de trois parties : le support d’aiguille, le réservoir d’insuline et le dispositif de sélection et déclenchement de la dose. Les pompes à insuline, quant à elles, peuvent être portables ou implantables, offrant une libération continue d’insuline.

Les insulines sont disponibles sous plusieurs formes pour s’adapter aux préférences et aux besoins des patients : stylos injectables, seringues, cartouches et flacons. Ces différentes formes permettent de personnaliser le traitement et de faciliter l’administration quotidienne de l’insuline.

Varier les sites d’injection est crucial pour éviter les lipodystrophies, des altérations du tissu sous-cutané telles que les lipohypertrophies (amas graisseux) ou les lipoatrophies (pertes de tissu graisseux). Alterner les sites permet de prévenir ces complications et d’assurer une absorption uniforme de l’insuline.

Les schémas d’injections varient de 1 à 5 injections par jour selon le type de diabète, les besoins en insuline et le mode de vie du patient. Le schéma basal-bolus est couramment utilisé, combinant une insuline basale (lente) pour les besoins de base et une insuline prandiale (rapide) pour les repas. Des injections d’insuline de correction peuvent également être utilisées pour gérer une glycémie trop élevée.

Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 6 juillet 2024
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