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L'examen des urines

Les différents examens

Microalbuminurie

La mesure de la microalbuminurie permet de détecter une éventuelle atteinte rénale du diabète.

La glycosurie reflète la présence anormale de sucre dans les urines, témoin d’un trouble métabolique.

Pourquoi réaliser un examen des urines pour le diabète ?

L’examen des urines est un outil essentiel pour évaluer la santé rénale des patients atteints de diabète sucré. Le diabète, qu’il soit de type 1 ou de type 2, peut entraîner des complications rénales graves, dont la néphropathie diabétique. La surveillance régulière des urines permet de détecter précocement les signes de dommages rénaux, comme la présence de protéines (protéinurie), qui est souvent un indicateur précoce d’atteinte rénale.

Les tests urinaires permettent également de surveiller d’autres anomalies telles que la glycosurie (présence de sucre dans l’urine), qui est un signe de contrôle inadéquat de la glycémie. En détectant ces anomalies précocement, les médecins peuvent intervenir rapidement pour prévenir l’évolution vers une insuffisance rénale chronique, améliorer la prise en charge du patient et éviter des complications plus graves.

Que recherche-t-on sur la bandelette urinaire ?

La bandelette urinaire est un outil simple et rapide utilisé lors des consultations médicales pour évaluer plusieurs paramètres dans les urines :

  1. Protéinurie : La présence de protéines dans l’urine, spécifiquement l’albumine, est un signe précoce d’atteinte rénale. Une bandelette urinaire positive pour les protéines nécessite un dosage pondéral en laboratoire pour confirmer et quantifier cette protéinurie.
  2. Glycosurie : La présence de sucre dans l’urine indique une hyperglycémie non contrôlée.
  3. Cétonurie : La détection de cétones peut signaler une acidocétose diabétique, une complication sévère du diabète.
  4. Leucocytes et nitrites : Ces indicateurs révèlent la présence d’une infection urinaire.

L’utilisation d’une bandelette urinaire permet donc un dépistage initial rapide et efficace, mais les résultats doivent souvent être confirmés par des analyses plus spécifiques en laboratoire.

Qu’est-ce qu’une microalbuminurie ?

La microalbuminurie est une situation clinique caractérisée par la présence de petites quantités d’albumine dans l’urine. Elle représente souvent le premier signe d’atteinte rénale chez les patients atteints de diabète. Contrairement à la protéinurie franche, la microalbuminurie n’est détectable que par des tests spécifiques en laboratoire et non par les bandelettes urinaires standards.

La détection précoce de la microalbuminurie est cruciale, car elle permet une intervention rapide visant à prévenir ou retarder la progression vers une néphropathie diabétique sévère et une éventuelle insuffisance rénale chronique.

Quelles sont les conséquences de la microalbuminurie ?

La microalbuminurie est un indicateur important du début d’une néphropathie diabétique. Voici quelques-unes des conséquences potentielles :

  1. Progression vers la protéinurie : Si elle n’est pas traitée, la microalbuminurie peut évoluer vers une protéinurie plus importante, indiquant des dommages rénaux plus sévères.
  2. Augmentation du risque cardiovasculaire : Les patients présentant une microalbuminurie ont un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires.
  3. Insuffisance rénale chronique : La persistance de la microalbuminurie peut mener à une détérioration progressive de la fonction rénale, aboutissant à une insuffisance rénale chronique.

Il est donc essentiel pour les patients diabétiques de surveiller régulièrement leur taux d’albumine urinaire afin d’éviter ces complications graves. En plus de cela, un bilan rénal annuel peut aider à évaluer la fonction de filtration des reins et à détecter tout signe précoce de néphropathie.

Comment le diabète altère la fonction du rein et peut provoquer une insuffisance rénale ?

Le diabète altère la fonction rénale principalement par le biais d’une hyperglycémie chronique qui endommage les petits vaisseaux sanguins des reins, notamment les glomérules, responsables de la filtration du sang. Voici comment ce processus se déroule :

  1. Hyperfiltration glomérulaire : Au début, l’hyperglycémie cause une augmentation du débit sanguin dans les glomérules (hyperfiltration), ce qui entraîne leur surmenage.
  2. Glycosylation des protéines : L’excès de sucre dans le sang provoque une glycosylation des protéines glomérulaires, altérant leur structure et leur fonction.
  3. Libération de cytokines et dépôts mésangiaux : Les modifications métaboliques induites par le diabète entraînent une libération excessive de cytokines pro-inflammatoires et des dépôts anormaux dans le mésangium (une partie du glomérule).
  4. Sclérose glomérulaire : Ces changements structurels mènent à une sclérose glomérulaire progressive, réduisant ainsi la capacité du rein à filtrer correctement le sang.

Ce processus continue jusqu’à ce que les reins ne puissent plus effectuer leur fonction de filtration adéquatement, conduisant à une insuffisance rénale terminale nécessitant dialyse ou transplantation. Les traitements pour ralentir cette évolution incluent un contrôle strict de la glycémie, la gestion de l’hypertension et l’utilisation de médicaments spécifiques pour protéger les reins.

Comment éviter la néphropathie diabétique ?

La prévention de la néphropathie diabétique repose sur plusieurs stratégies clés :

  1. Contrôle rigoureux de la glycémie : Maintenir une glycémie proche des valeurs normales réduit considérablement le risque d’atteinte rénale.
  2. Surveillance régulière : Effectuer régulièrement des tests urinaires pour détecter précocement tout signe de microalbuminurie ou protéinurie.
  3. Contrôle de la pression artérielle : Utiliser des médicaments tels que les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou les bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine (BRA) pour maintenir une pression artérielle normale.
  4. Adoption d’un mode de vie sain : Une alimentation équilibrée et riche en fibres, associée à une activité physique régulière, contribue au bon contrôle du diabète.
  5. Arrêt du tabac : Fumer augmente le risque de complications rénales chez les patients diabétiques.

En suivant ces recommandations, les patients peuvent réduire significativement leur risque de développer une néphropathie diabétique et préserver leur fonction rénale à long terme. Un suivi régulier avec son médecin est également essentiel pour ajuster les traitements en fonction de l’évolution de la maladie.

Quelles sont les conséquences de la néphropathie ?

La néphropathie diabétique a plusieurs conséquences graves sur la santé globale des patients :

  1. Insuffisance rénale chronique : En l’absence d’intervention adéquate, elle progresse vers une insuffisance rénale nécessitant dialyse ou transplantation.
  2. Maladies cardiovasculaires : Les patients avec néphropathie ont un risque accru d’accidents vasculaires cérébraux et autres maladies cardiovasculaires.
  3. Qualité de vie réduite : Les complications associées à l’insuffisance rénale affectent significativement la qualité de vie quotidienne.
  4. Coûts médicaux élevés : Le traitement des complications avancées comme la dialyse et les transplantations représente un fardeau financier considérable pour le patient et le système de santé.

Il est donc impératif d’adopter des mesures préventives dès que possible afin d’éviter ces conséquences délétères.

Quelles sont les autres atteintes urinaires du diabète ?

Outre la néphropathie diabétique, le diabète peut entraîner plusieurs autres troubles urinaires :

  1. Infections urinaires fréquentes : L’hyperglycémie favorise la croissance bactérienne dans l’urine, augmentant ainsi le risque d’infections urinaires répétées.
  2. Cystopathie diabétique : Cette condition se caractérise par un dysfonctionnement neurogène de la vessie dû aux lésions nerveuses causées par le diabète (neuropathie). Les symptômes incluent difficulté à vider complètement la vessie et incontinence urinaire.
  3. Glomérulopathies non-diabétiques : Bien que moins fréquentes, certaines affections glomérulaires peuvent coexister avec le diabète ou être exacerbées par celui-ci.

Ces complications soulignent l’importance d’un suivi médical rigoureux et régulier chez les patients atteints de diabète pour prévenir et gérer efficacement ces affections urinaires.

Quelles sont les autres analyses à faire pour le suivi du diabète ?

Le suivi optimal du diabète implique plusieurs examens complémentaires en plus des tests urinaires :

  1. HbA1c (hémoglobine glyquée) : Mesure du contrôle glycémique sur une période prolongée (environ trois mois). Un taux élevé indique un mauvais contrôle du sucre dans le sang.
  2. Tests sanguins réguliers :
  3. Évaluation annuelle des reins :
    • Dosage pondéral des protéines dans le sang
    • Mesure de créatininémie
    • Estimation du débit de filtration glomérulaire (DFG)
  4. Examens complémentaires spécifiques en cas d’anomalies détectées, comme l’analyse détaillée des protéines urinaires ou biopsies rénales si nécessaire pour diagnostiquer précisément l’étendue des dommages rénaux.

Un suivi médical complet permet non seulement d’évaluer l’efficacité des traitements actuels mais aussi d’ajuster ces traitements pour prévenir les complications graves liées au diabète. Les membres de la famille des personnes diabétiques devraient également être informés des signes précurseurs pour aider à une détection précoce.

Vos questions

Est-il normal d'avoir une envie d'uriner souvent avec le diabète ?

Oui, il est fréquent que les patients atteints de diabète éprouvent une envie fréquente d’uriner (polyurie). Cette situation résulte généralement d’une hyperglycémie où l’excès de glucose attire davantage d’eau dans les reins pour être éliminé via l’urine.

Oui, en raison du phénomène décrit précédemment (diurèse osmotique), les personnes atteintes de diabète peuvent produire des volumes urinaires accrus lorsque leur glycémie n’est pas bien contrôlée.

Les personnes atteintes de diabète présentent un risque accru d’infections urinaires en raison d’une hyperglycémie persistante qui favorise un environnement propice à la prolifération bactérienne dans l’urine.

La présence de sucre dans l’urine (glycosurie) peut être détectée facilement grâce aux bandelettes urinaires disponibles en pharmacie ou prescrites par votre médecin traitant lors des consultations régulières.

Le nombre normal peut varier selon chaque individu mais généralement plus fréquent chez ceux dont le contrôle glycémique est médiocre ; ils peuvent uriner plus fréquemment jusqu’à 8-10 fois, voire davantage par jour comparativement aux non-diabétiques dont la fréquence varie habituellement autour quatre-six mictions quotidiennes environ.

Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 10 juillet 2024
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