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La néphropathie diabétique

Qu’est-ce que la néphropathie diabétique ?

La néphropathie diabétique est une pathologie rénale sévère liée au diabète, affectant jusqu’à 50% des patients diabétiques. Cette maladie est la principale cause d’insuffisance rénale terminale dans le monde. Elle se caractérise par une sclérose glomérulaire et une fibrose progressive des reins, induites par les modifications métaboliques et hémodynamiques associées au diabète sucré. En termes simples, les reins, qui agissent comme des filtres pour éliminer les déchets de l’organisme, perdent progressivement leur capacité de filtration, entraînant une accumulation de déchets toxiques dans le sang. Cette pathologie affecte principalement les filtres glomérulaires des néphrons, les unités filtrantes des reins.

Quelles sont les causes de la néphropathie diabétique ?

Les principales causes de la néphropathie diabétique incluent :

  1. Hyperglycémie chronique : L’élévation persistante du taux de sucre dans le sang endommage les petits vaisseaux sanguins des reins. Cette augmentation du taux de glycémie entraîne une surcharge des artérioles afférentes et une hyperfiltration glomérulaire.
  2. Hypertension artérielle (HTA) : La pression artérielle élevée exerce une tension supplémentaire sur les glomérules, aggravant les lésions rénales. L’augmentation de la tension artérielle contribue à la progression de la néphropathie.
  3. Dyslipidémie : Des niveaux élevés de lipides dans le sang peuvent contribuer aux lésions vasculaires.
  4. Tabagisme : Fumer augmente le risque de complications rénales en raison de ses effets néfastes sur les vaisseaux sanguins et la membrane des artères.
  5. Polymorphismes génétiques et antécédents familiaux : Certaines variations génétiques et antécédents familiaux de néphropathie peuvent prédisposer une personne à cette pathologie.

Quels sont les symptômes de la néphropathie incipiens ?

La néphropathie diabétique est souvent asymptomatique dans ses phases initiales. Cependant, au fur et à mesure que la maladie progresse, les patients peuvent commencer à présenter les symptômes suivants :

  • Phase initiale : Souvent asymptomatique, les premiers symptômes peuvent inclure une légère fatigue et une hypertension artérielle. Les mictions fréquentes et la soif intense peuvent également être des signes précoces.
  • Phase avancée : Fatigue intense, faiblesse, perte d’appétit ou de poids, enflure des paupières, des mains et des pieds, nausées, vomissements, et démangeaisons généralisées. Les patients peuvent également développer des œdèmes déclives et des symptômes d’insuffisance rénale tels que les nausées et les vomissements. Le syndrome néphrotique peut également se manifester à ce stade.

Quels sont les examens à réaliser en dépistage chez le diabétique ?

Pour dépister la néphropathie diabétique, plusieurs examens sont recommandés :

  1. Diabète de type 1 : Dépistage 5 ans après le diagnostic initial, puis annuellement.
  2. Diabète de type 2 : Dépistage dès le diagnostic, puis annuellement.
  3. Tests d’urine et de sang : Ces tests permettent de détecter et de mesurer l’albumine dans l’urine (microalbuminurie) et les niveaux de créatinine dans le sang. Une analyse d’urine régulière est cruciale pour détecter les premiers signes de la néphropathie.
  4. Microalbuminurie : La présence de faibles quantités d’albumine dans les urines est un indicateur précoce de lésions rénales. Ce test est recommandé au moins une fois par an. L’excrétion urinaire d’albumine est un marqueur clé dans le dépistage.
  5. Contrôle régulier de la fonction rénale : Analyses d’urine et dosages sanguins de la créatinine.
  6. Contrôle de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) : Ce test, effectué tous les trois mois, permet de surveiller le contrôle glycémique à long terme.

Comment fait-on le diagnostic de néphropathie diabétique ?

La microalbuminurie chez le diabétique

La microalbuminurie est définie par une excrétion urinaire d’albumine de 30 à 300 mg/24 heures. Elle représente le premier signe détectable de néphropathie diabétique et indique des lésions rénales précoces. Le dépistage de la microalbuminurie est crucial car il permet une intervention précoce pour ralentir la progression de la maladie.

La macroalbuminurie

La macroalbuminurie, définie par une excrétion urinaire d’albumine supérieure à 300 mg/24 heures, est une étape avancée de la néphropathie diabétique. Elle est caractérisée par une protéinurie permanente et indique des lésions rénales plus sévères.

L’insuffisance rénale

Lorsque la fonction rénale se détériore davantage, les patients peuvent développer une insuffisance rénale. Celle-ci se manifeste par une augmentation de la créatininémie et une réduction du débit de filtration glomérulaire (estimée par la clairance de la créatinine ou la formule MDRD). L’insuffisance cardiaque peut également survenir comme complication de l’insuffisance rénale.

Quels sont les stades de néphropathie glomérulaire ?

La progression de la néphropathie diabétique peut être divisée en plusieurs stades :

  1. Hyperfiltration glomérulaire et microalbuminurie : Asymptomatique, caractérisée par une légère augmentation de la filtration rénale et la présence de microalbuminurie.
  2. Protéinurie avec hypertension artérielle : Présence de protéinurie significative et développement d’une hypertension artérielle.
  3. Insuffisance rénale chronique : Détérioration progressive de la fonction rénale, avec une réduction marquée de la filtration glomérulaire et des symptômes cliniques d’insuffisance rénale. L’évolution naturelle de la maladie peut mener au stade terminal nécessitant une dialyse ou une transplantation.

Quelles sont les complications de la néphropathie diabétique ?

La néphropathie diabétique peut entraîner diverses complications, notamment :

  • Insuffisance rénale terminale : Nécessitant une dialyse ou une transplantation rénale.
  • Hypertension artérielle persistante : Contribuant à la progression des lésions rénales.
  • Risques cardiovasculaires accrus : Y compris l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral. La mortalité cardiovasculaire est particulièrement élevée chez les patients atteints de néphropathie diabétique.
  • Anomalies biologiques : Hyponatrémie, hyperkaliémie, hypocalcémie et acidose métabolique.
  • Anémie : Due à une diminution de la production de globules rouges par les reins endommagés. La régulation du liquide contenu dans le corps devient également difficile.

Quel est le bilan à réaliser en cas de néphropathie diabétique ?

Le bilan à réaliser en cas de néphropathie diabétique inclut :

  1. Écho-Doppler des vaisseaux : Évaluation des vaisseaux des membres inférieurs, cervicaux, aorte abdominale et artères rénales.
  2. Bilan cardiaque : Recherche d’ischémie silencieuse.
  3. Suivi périodique : En fonction des lésions initiales retrouvées, pour surveiller la progression de la néphropathie et adapter le traitement. Un parcours de soins personnalisé est souvent nécessaire pour une gestion optimale de la maladie.

Quel est le traitement de l’insuffisance rénale ?

Le traitement de l’insuffisance rénale associée à la néphropathie diabétique comprend :

  1. Régime diététique : Régime méditerranéen et hyposodé pour réduire la charge rénale.
  2. Mode de vie actif : Encouragement à maintenir une activité physique régulière et à éviter les facteurs d’addiction tels que le tabac. Adopter une bonne hygiène de vie est essentiel pour gérer les complications.
  3. Contrôle strict de la glycémie : Maintien de l’HbA1c ≤ 7,0 pour ralentir la progression de la néphropathie.
  4. Antihypertenseurs : Utilisation d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou d’antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA) pour contrôler la pression artérielle.
  5. Techniques de suppléance rénale : Dialyse (hémodialyse ou dialyse péritonéale) et transplantation rénale ou pancréaticorénale.

Une biopsie du rein est-elle nécessaire ?

La biopsie rénale n’est généralement pas nécessaire pour diagnostiquer la néphropathie diabétique, sauf en cas de doute diagnostique ou pour exclure d’autres pathologies rénales. La décision de réaliser une biopsie est prise par le néphrologue après une évaluation approfondie du patient. La présence de lésions de Kimmelstiel-Wilson, des nodules hyalins spécifiques, peut être observée dans des biopsies confirmant une néphropathie diabétique avancée.

Vos questions

Comment soigner une néphropathie diabétique ?

Le traitement de la néphropathie diabétique repose sur plusieurs piliers :

  1. Contrôle glycémique strict : Maintenir une HbA1c ≤ 7,0 pour ralentir la progression de la maladie. Une personne diabétique doit surveiller régulièrement son taux de glycémie.
  2. Régime alimentaire adapté : Régime méditerranéen et hyposodé, contrôle des protéines et de certains minéraux.
  3. Médicaments antihypertenseurs : Utilisation d’IEC ou d’ARA pour contrôler la pression artérielle.
  4. Suivi médical régulier : Surveillance annuelle de la fonction rénale, contrôle de l’albumine et de la créatinine.

Le diabète entraîne une hyperglycémie chronique qui endommage progressivement les glomérules rénaux. Cette atteinte des petits vaisseaux sanguins (glomérules) conduit à une hyperfiltration glomérulaire initiale, suivie d’une protéinurie et d’une sclérose glomérulaire. L’accumulation de ces lésions entraîne finalement une insuffisance rénale.

La néphropathie diabétique est une cause majeure d’insuffisance rénale. Les lésions glomérulaires progressives, induites par l’hyperglycémie et l’hypertension, réduisent la capacité de filtration des reins. Au fur et à mesure que les lésions s’accumulent, la fonction rénale diminue, conduisant à une insuffisance rénale.

Les signes de la néphropathie diabétique varient selon le stade de la maladie :

  • Phase initiale : Souvent asymptomatique, avec microalbuminurie détectable.
  • Phase avancée : Fatigue, faiblesse, perte d’appétit, œdèmes, nausées, vomissements, hypertension artérielle et anomalies biologiques.
Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 6 juillet 2024
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