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Qu’est-ce que l’hyperglycémie provoquée orale (HGPO) ?

L’hyperglycémie provoquée par voie orale, communément appelée HGPO, est un test diagnostique qui permet d’évaluer la réponse glycémique du patient après l’ingestion d’une quantité définie de glucose. Ce test est principalement utilisé pour dépister les anomalies de la régulation glycémique, notamment le diabète sucré et le diabète gestationnel. Pour réaliser ce test HGPO, le patient doit boire une solution contenant 75 grammes de glucose, et des mesures de la glycémie sont effectuées à différents intervalles pour observer comment le corps gère cette charge en sucre.

Le protocole standard inclut des prélèvements sanguins à trois moments clés : à jeun, puis une heure et deux heures après l’ingestion de la solution sucrée. Ces temps permettent de tracer un profil glycémique qui peut révéler des dysfonctionnements dans la gestion du glucose par l’organisme. La présence de glucose dans le sang à des niveaux élevés à ces moments peut indiquer une anomalie dans le métabolisme du glucose.

Quelles sont les indications d’un test d’HGPO ?

Le test HGPO est recommandé dans diverses situations où une évaluation précise du métabolisme du glucose est nécessaire. Voici quelques-unes des principales indications :

  1. Diagnostic du diabète sucré : Lorsqu’une glycémie à jeun élevée ou des symptômes évocateurs de diabète sont présents. En cas de doute, il est conseillé de prendre rendez-vous avec votre médecin traitant.
  2. Détection des anomalies de la glycémie à jeun : Chez les patients présentant une glycémie à jeun anormale sans être franchement diabétiques.
  3. Dépistage du diabète gestationnel : Chez les femmes enceintes entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée, ou plus tôt si des facteurs de risque sont identifiés. Une future maman avec des antécédents familiaux de diabète ou des antécédents de diabète gestationnel lors de précédentes grossesses est particulièrement à risque.
  4. Évaluation de l’intolérance au glucose : Chez les sujets à risque comme ceux ayant une surcharge pondérale (indice de masse corporelle ≥ 25 kg/m²), des antécédents familiaux de diabète, ou un syndrome des ovaires polykystiques.

Dans le contexte obstétrical, le test HGPO est crucial pour prévenir et gérer le diabète gestationnel qui peut avoir des conséquences significatives pour la mère et l’enfant. Les femmes enceintes doivent rester vigilantes et suivre les recommandations médicales pour éviter des complications.

Quelles sont les normes d’HGPO de 75g de glucose ?

Les valeurs de référence pour une HGPO avec ingestion de 75g de glucose sont bien définies afin d’identifier correctement les anomalies glycémiques. Voici les seuils généralement acceptés :

  • Glycémie à jeun : < 0,92 g/L (5,1 mmol/L)
  • Glycémie à 1 heure : < 1,80 g/L (10 mmol/L)
  • Glycémie à 2 heures : < 1,53 g/L (8,5 mmol/L)

Ces valeurs doivent être interprétées avec précision pour éviter les faux diagnostics et garantir une prise en charge appropriée du patient. Les laboratoires d’analyses médicales sont équipés pour réaliser des mesures précises. Une consultation avec votre médecin traitant est recommandée pour interpréter les résultats et planifier les mesures à suivre.

Quelle interprétation faire des résultats de l’HGPO ?

L’interprétation des résultats du test HGPO se base sur les valeurs observées aux différents temps d’analyse. Une interprétation correcte est essentielle pour poser un diagnostic précis et orienter le traitement. Les critères d’interprétation sont :

  • Normalité : Glycémie ≤ 1,40 g/L (7,8 mmol/L) à la deuxième heure.
  • Intolérance au glucose : Glycémie entre 1,40 g/L et 2 g/L (7,8 – 11,1 mmol/L) à la deuxième heure.
  • Diabète : Glycémie ≥ 2 g/L (11,1 mmol/L) à la deuxième heure.

Chez les femmes enceintes, des seuils spécifiques s’appliquent en raison des modifications physiologiques induites par la grossesse. La présence de protéines dans les urines peut également être un indicateur d’anomalies nécessitant une évaluation supplémentaire.

Le cas particulier de la grossesse

Pourquoi surveiller la glycémie pendant la grossesse ?

La surveillance de la glycémie pendant la grossesse est cruciale pour prévenir et gérer le diabète gestationnel. Cette pathologie touche environ 5% des femmes enceintes en France et peut entraîner des complications significatives tant pour la mère que pour l’enfant si elle n’est pas correctement prise en charge. Une hyperglycémie non contrôlée peut augmenter les risques de macrosomie fœtale (bébé de poids élevé), prééclampsie, hypertension artérielle et accouchement par césarienne. Le dépistage systématique du diabète gestationnel par HGPO entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée est une mesure essentielle pour détecter et gérer ces risques.

Quelles sont les conséquences du diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel présente plusieurs risques et conséquences :

  • Pour la mère :
    • Augmentation du risque de prééclampsie.
    • Risque accru d’accouchement par césarienne dû à un poids élevé du bébé.
    • Chances accrues de développer un diabète de type 2 après l’accouchement.
  • Pour l’enfant :
    • Macrosomie fœtale pouvant compliquer l’accouchement.
    • Risque élevé d’hypoglycémie néonatale.
    • Augmentation du risque futur d’obésité et de diabète.

Il est donc essentiel que les mesures appropriées soient prises dès qu’un diagnostic positif est posé. Cela peut inclure un régime alimentaire adapté, une activité physique régulière, et dans certains cas, un traitement par insuline.

Quels sont les tests utiles au dépistage du diabète gestationnel ?

La glycémie à jeun

La mesure de la glycémie à jeun est souvent utilisée comme un premier test préliminaire chez les femmes enceintes présentant des facteurs de risque dès le premier trimestre. Une valeur normale se situe en dessous de 0,92 g/L (5,1 mmol/L).

La recherche de glycosurie pendant la grossesse

La recherche de glycosurie consiste à détecter la présence de sucre dans les urines lors des consultations mensuelles de suivi. Bien que moins spécifique que la prise sanguine, cette méthode peut alerter sur des anomalies glycémiques potentielles nécessitant une investigation plus approfondie.

L’HGPO

L’HGPO reste le test standardisé et définitif pour confirmer un diagnostic de diabète gestationnel. Il permet une évaluation détaillée du métabolisme glucidique après ingestion d’une solution sucrée. L’absorption d’une quantité définie de glucose permet de tester la capacité de l’organisme à gérer une charge sucrée.

À quel terme réaliser l’HGPO ?

Le dépistage systématique du diabète gestationnel par HGPO est recommandé entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée. Cependant, chez certaines femmes présentant des facteurs de risque importants comme un âge supérieur à 35 ans, une surcharge pondérale importante ou des antécédents familiaux marqués par le diabète, ce dépistage peut être réalisé plus tôt dans la grossesse.

Quels sont les résultats normaux d’une HGPO pendant la grossesse ?

Les valeurs normales spécifiques aux femmes enceintes lors d’une HGPO sont légèrement différentes en raison des changements physiologiques liés à la grossesse :

  • Glycémie à jeun : < 0,92 g/L (5,1 mmol/L).
  • Glycémie à 1 heure : < 1,80 g/L (10 mmol/L).
  • Glycémie à 2 heures : < 1,53 g/L (8,5 mmol/L).

Un dépassement de ces seuils indique un diabète gestationnel nécessitant une prise en charge adaptée.

Pourquoi refaire une HGPO après l’accouchement en cas d’examen positif ?

Refaire une HGPO après l’accouchement est crucial pour vérifier si le diabète gestationnel a régressé ou s’il persiste sous forme d’intolérance au glucose ou même de diabète type II. Cette vérification permet également d’anticiper et prévenir les risques futurs pour la mère qui pourrait développer un diabète permanent si aucune mesure n’est prise.

Vos questions

Comment se fait le test HGPO ?

Le test HGPO se déroule en plusieurs étapes méthodiques :

  1. Le patient doit être à jeun depuis au moins huit heures avant le test.
  2. Une première prise de sang est réalisée pour mesurer la glycémie initiale.
  3. Le patient boit ensuite une solution contenant précisément 75 grammes ou parfois jusqu’à 100 grammes de glucose dissous dans un liquide.
  4. Des prélèvements sanguins supplémentaires sont effectués une heure puis deux heures après l’ingestion pour suivre l’évolution du taux de sucre dans le sang.

La période allant de la 24e à la 28e semaine d’aménorrhée est optimale pour réaliser un test HGPO car c’est durant ce laps temporel que les hormones placentaires augmentent considérablement et peuvent induire une résistance accrue à l’insuline. Cela permet ainsi une détection plus précise des altérations glycémiques spécifiques à cette phase particulière de la grossesse.

Oui, il est impératif que le patient soit à jeun depuis au moins huit heures avant le début du test afin que le taux initial mesuré soit exact et non influencé par une consommation récente d’aliments ou boissons autres que l’eau.

Il est permis et même conseillé au patient de boire uniquement de l’eau avant le test afin d’éviter toute déshydratation qui pourrait fausser les résultats tout en respectant strictement le jeûne alimentaire nécessaire.

Le test HGPO doit idéalement être effectué tôt le matin après une nuit complète de jeûne (8-12 heures sans manger). Cela permet également au patient d’effectuer son retour rapide aux activités normales après avoir complété toutes les étapes nécessaires confirmant ainsi leur état métabolique avec précision accrue.

Après avoir complété un examen tel qu’une HGPO impliquant l’ingestion d’une grande quantité de glucose et suivi de multiples piqûres sanguines, il est recommandé de retourner rapidement à une alimentation équilibrée favorisant la stabilisation progressive des niveaux glycémiques via la consommation de glucides complexes, de protéines et de fibres. Cela optimise le bien-être général immédiat post-test et garantit une gestion efficace à long terme grâce à une auto-surveillance continue et des consultations mensuelles de suivi nécessaires pour ajuster le traitement thérapeutique individualisé.

Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 10 juillet 2024
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