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La glycosurie

Qu’est-ce qu’une glycosurie ?

La glycosurie est définie comme la présence de glucose dans les urines. Normalement, le glucose, un sucre simple essentiel pour les besoins énergétiques de l’organisme, est entièrement réabsorbé par les reins après filtration glomérulaire. Cependant, lorsque le taux de glucose sanguin dépasse un certain seuil (appelé seuil rénal), les reins ne parviennent plus à réabsorber tout le glucose filtré, ce qui entraîne son excrétion dans les urines. Ce phénomène est souvent observé en cas d’hyperglycémie, notamment chez les patients atteints de diabète sucré. La glycosurie peut aussi être observée dans des cas de pathologie génétique, comme le syndrome de Fanconi, ou encore des troubles rénaux comme la néphrite interstitielle. Par ailleurs, une glycosurie rénale peut être due à une diminution de la capacité de réabsorption du glucose par les reins.

Pourquoi rechercher le glucose urinaire ?

Rechercher le glucose urinaire est une pratique courante et essentielle pour plusieurs raisons. Premièrement, cela permet de dépister des anomalies métaboliques précoces, telles que le diabète. En effet, la glycosurie peut être l’un des premiers signes d’une dysrégulation glycémique chez un patient. Deuxièmement, cet examen aide à surveiller l’efficacité du traitement chez les patients déjà diagnostiqués avec une pathologie diabétique, en permettant de contrôler si leur glycémie est bien gérée. Enfin, la recherche de glucose urinaire peut également révéler d’autres conditions médicales, comme certains troubles rénaux ou endocriniens. Par exemple, la glycosurie peut parfois être observée chez les patients atteints de la maladie de Wilson, une accumulation toxique de cuivre dans les organes, y compris les reins.

Quelles sont les normes de glycosurie ?

En situation normale, le taux de glucose dans les urines est nul ou très faible. En effet, les reins ont une capacité de réabsorption du glucose jusqu’à une glycémie d’environ 1,8 g/L. Au-delà de ce seuil, le glucose commence à apparaître dans les urines. Par conséquent, toute présence notable de glucose dans les urines est considérée comme anormale et doit être évaluée médicalement. Pendant la grossesse, le taux normal de glucose urinaire ne doit pas dépasser 15 mg/dL pour éviter des complications potentielles, notamment pour la santé du bébé. La situation est particulièrement surveillée au cours du deuxième trimestre de la grossesse, période pendant laquelle le risque de développer un diabète gestationnel augmente. Chez les femmes enceintes, une surveillance étroite du glucose urinaire est essentielle pour garantir une glycémie normale et éviter des complications telles que l’excès de liquide amniotique.

Quelles sont les conséquences du sucre dans les urines ?

La présence de sucre dans les urines peut avoir plusieurs conséquences sur la santé du patient. Premièrement, elle peut entraîner une diurèse osmotique accrue, c’est-à-dire une augmentation du volume des urines produites en raison de l’effet osmotique du glucose non réabsorbé. Cela peut conduire à une déshydratation et à un déséquilibre électrolytique si elle n’est pas correctement gérée. De plus, une glycosurie persistante peut indiquer un diabète mal contrôlé ou d’autres pathologies sous-jacentes nécessitant une intervention médicale urgente. Enfin, une glycosurie normoglycémique peut parfois être observée, notamment en cas de prise de certains médicaments affectant la réabsorption rénale du glucose.

Que faire en cas de glycosurie élevée ?

En cas de détection d’une glycosurie élevée, il est crucial de consulter immédiatement un professionnel de santé pour identifier la cause sous-jacente et mettre en place un plan de traitement adéquat. Les examens complémentaires incluent généralement une prise de sang pour mesurer la glycémie et évaluer la fonction rénale. Si la cause principale est une hyperglycémie due au diabète sucré, des ajustements thérapeutiques peuvent être nécessaires afin de mieux contrôler la glycémie du patient. Dans certains cas, un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) peut être réalisé pour confirmer le diagnostic. Par ailleurs, un rééquilibrage alimentaire et des ajustements dans l’activité physique peuvent être recommandés. Pour les futures mamans, il est particulièrement important de suivre les recommandations médicales pour éviter des complications liées à la grossesse.

Pourquoi explorer la glycosurie en plus de la prise de sang ?

Explorer la glycosurie en complément des analyses sanguines offre une vision plus complète du contrôle glycémique d’un patient. Alors que la mesure ponctuelle de la glycémie donne une information instantanée sur le taux de sucre dans le sang, la glycosurie reflète une hyperglycémie prolongée au-delà du seuil rénal. Cela est particulièrement utile pour identifier des épisodes d’hyperglycémie postprandiale (après les repas) qui pourraient ne pas être détectés par une simple analyse sanguine à jeun. En outre, en cas de discordance entre l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et la glycémie à jeun, l’examen du glucose urinaire peut aider à clarifier et à affiner le diagnostic.

Quel est le lien entre glycosurie et diabète ?

La glycosurie est souvent associée au diabète sucré, principalement lorsque la glycémie dépasse le seuil rénal de réabsorption du glucose (environ 1,8 g/L). Dans ce contexte, une présence persistante de sucre dans les urines indique généralement une mauvaise gestion du diabète ou une hyperglycémie non diagnostiquée. Le diabète gestationnel est également lié à la glycosurie chez certaines femmes enceintes dues aux changements hormonaux qui affectent la régulation du glucose pendant la grossesse. La glycosurie est donc souvent l’objet d’une surveillance attentive chez les patients diabétiques pour prévenir des complications graves.

Que provoque la glycosurie sur la fonction rénale ?

La fonction rénale joue un rôle crucial dans le maintien des niveaux normaux de glucose sanguin en réabsorbant presque tout le glucose filtré par les glomérules rénaux. Cependant, lorsque ce mécanisme est dépassé (seuil rénal atteint), le glucose commence à apparaître dans les urines (glycosurie). Cette situation peut entraîner une surcharge osmotique des tubules rénaux et augmenter la production d’urine (diurèse osmotique), ce qui peut potentiellement détériorer la fonction rénale sur le long terme si elle n’est pas correctement gérée. De plus, des pathologies comme le syndrome de Fanconi ou la néphrite interstitielle peuvent également influencer la présence de glucose dans les urines.

Glucose urinaire et grossesse

Pourquoi faire une exploration de la glycosurie en cours de grossesse ?

Il est particulièrement important d’explorer la glycosurie pendant la grossesse pour dépister précocement un éventuel diabète gestationnel. Ce type spécifique de diabète se développe uniquement pendant la grossesse et disparaît généralement après l’accouchement. Toutefois, il présente des risques significatifs pour la santé tant pour la mère que pour le bébé : macrosomie fœtale (taille excessive), excès de liquide amniotique (polyhydramnios), hypoglycémie néonatale et risque accru d’obésité ou de diabète de type 2 chez l’enfant à long terme. Une glycosurie détectée durant la grossesse peut donc avoir une influence sur le taux de glucose et demander une surveillance étroite par le personnel médical.

Que faire en cas de glycosurie chez la femme enceinte ?

En cas de détection d’une glycosurie chez une femme enceinte, il est impératif de procéder à des tests supplémentaires comme l’HGPO pour confirmer ou exclure un diabète gestationnel. Si diagnostiqué positif, le traitement inclut généralement des modifications diététiques spécifiques visant à maintenir une glycémie stable ainsi que des exercices physiques appropriés comme le yoga prénatal ou la marche. Dans certains cas où ces mesures ne suffisent pas à contrôler adéquatement la glycémie maternelle, des injections d’insuline peuvent être nécessaires sous supervision médicale proche afin d’assurer au mieux tant bien-être maternel que fœtal. La gestion de la glycosurie pendant la grossesse est cruciale pour minimiser les risques, notamment l’hypoglycémie à la naissance.

Vos questions

Peut-on voir une glycosurie sur la bandelette urinaire ?

Oui, la présence excessive de glucose peut facilement être détectée via bandelettes urinaires spécifiques trempées dans des échantillons d’urine fraîchement recueillis. Ces dispositifs simples permettent d’obtenir des résultats quasi-instantanément, indiquant la concentration approximative de glucose présente. L’utilisation de ces bandelettes est souvent recommandée le matin à jeun pour des résultats plus précis.

Pour effectuer un test de glycosurie, il suffit généralement de suivre quelques étapes simples :

  1. Collecter un échantillon propre d’urine.
  2. Tremper la bandelette réactive dedans conformément aux instructions du fabricant.
  3. Comparer la coloration obtenue à l’échelle de références fournie afin de déterminer la concentration de glucose approximative présente.

La glycosurie correspond essentiellement à la présence anormale de glucides (glucose) au sein des sécrétions urinaires. Elle survient habituellement suite au dépassement du seuil rénal d’absorption du glucose, signalant potentiellement divers troubles métaboliques incluant notamment les diabètes de divers types. Une glycosurie persistante peut également être le signe de pathologies génétiques ou de troubles rénaux comme le syndrome de Fanconi.

Afin de réduire efficacement le taux de glycosurie, il est essentiel d’adopter une hygiène de vie adaptée incluant un régime alimentaire équilibré pauvre en sucres rapides, combiné à des activités physiques régulières et modérées. Si nécessaire, un traitement médicamenteux voire une insulinothérapie peuvent être prescrits sous stricte surveillance médicale.

Non, contrairement à certains autres examens biologiques spécifiques, les tests de glycosurie peuvent généralement être réalisés indépendamment de l’état de jeûne préalable. Toutefois, respectez toujours les recommandations précises données par le professionnel de santé traitant.

La présence de glucose détectable dans les urines constitue souvent un indicateur potentiellement préoccupant nécessitant des investigations médicales approfondies afin d’identifier les causes sous-jacentes et de prévenir toutes complications possibles associées.

L’albuminurie tout comme la glycosurie peuvent effectivement être mesurées indépendamment de l’état de jeûne. Bien sûr, suivez toujours les indications spécifiques fournies par le praticien référent.

Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 10 juillet 2024
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