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Le traitement de la rétinopathie diabétique

Comment s’organise la prise en charge en ophtalmologie du diabète ?

La prise en charge en ophtalmologie du diabète repose sur une surveillance régulière et rigoureuse des patients diabétiques afin de prévenir et de traiter les complications oculaires associées, notamment la rétinopathie diabétique. En France, par exemple, il est recommandé que chaque personne diabétique réalise un examen ophtalmologique annuel comprenant une mesure de l’acuité visuelle, une évaluation de la vision des couleurs, et un examen du fond d’œil.

L’examen du fond d’œil est essentiel pour détecter précocement les signes de rétinopathie diabétique. Cet examen simple et indolore permet de visualiser la rétine et les vaisseaux sanguins qui la nourrissent. Des techniques avancées comme l’angiographie à la fluorescéine et la tomographie par cohérence optique (OCT) peuvent être utilisées pour une évaluation plus détaillée. La surveillance continue par un ophtalmologue est cruciale pour prévenir les complications graves telles que l’œdème maculaire diabétique ou la rétinopathie proliférante.

Des recommandations rigoureuses pour l’évaluation clinique et économique des soins sont également mises en place. Celles-ci incluent la collecte de données épidémiologiques, l’évaluation de l’impact fonctionnel et économique des soins, ainsi qu’une description précise du suivi ophtalmologique. De plus, une meilleure connaissance des facteurs de risque de malvoyance et de cécité est essentielle pour optimiser la gestion des patients diabétiques.

Quelles sont les causes de la rétinopathie diabétique ?

La rétinopathie diabétique est principalement causée par une hyperglycémie prolongée et mal contrôlée. Cette pathologie entraîne des dommages aux petits vaisseaux sanguins (capillaires) qui alimentent la rétine. Les niveaux élevés de glucose dans le sang peuvent fragiliser les parois des capillaires, entraînant des microanévrismes, des hémorragies intrarétiniennes, et des exsudats lipidiques.

Le développement de la rétinopathie diabétique est également influencé par d’autres facteurs tels que l’hypertension artérielle et la dyslipidémie. Ces conditions peuvent exacerber les dommages vasculaires causés par le diabète. La durée du diabète joue également un rôle crucial ; plus le patient est atteint depuis longtemps, plus le risque de développer une rétinopathie est élevé. L’apnée du sommeil peut également aggraver les symptômes en réduisant l’oxygénation des tissus rétiniens.

En résumé, la combinaison d’une hyperglycémie chronique avec d’autres facteurs de risque cardiovasculaires constitue le principal mécanisme étiologique de la rétinopathie diabétique.

Le traitement de la rétinopathie diabétique en fonction des stades

La rétinopathie non proliférante

La rétinopathie non proliférante est le stade initial de la rétinopathie diabétique. Elle se caractérise par l’apparition de microanévrismes, des hémorragies intrarétiniennes ponctuées, et des exsudats durs. À ce stade, le traitement principal consiste en une surveillance régulière et une gestion stricte de la glycémie. Un contrôle optimal du taux de sucre dans le sang permet souvent de ralentir ou même d’arrêter la progression vers des stades plus avancés.

Lorsque la rétinopathie non proliférante devient sévère avec un risque accru d’évolution vers une forme proliférante, des traitements plus invasifs peuvent être nécessaires. La panphotocoagulation laser peut être envisagée pour prévenir les complications graves.

La rétinopathie proliférante

La rétinopathie proliférante représente un stade avancé où de nouveaux vaisseaux sanguins anormaux (néovaisseaux) se forment à la surface de la rétine ou dans la cavité vitréenne. Ces vaisseaux sont fragiles et sujets à des hémorragies, pouvant entraîner une perte rapide et significative de l’acuité visuelle.

Le traitement standard pour cette forme avancée inclut généralement la panphotocoagulation rétinienne (PPR). Ce traitement consiste à appliquer des impacts laser sur toute la surface périphérique de la rétine afin de détruire les tissus ischémiques responsables de l’apparition des néovaisseaux. Dans certains cas sévères avec hémorragies vitreuses importantes ou décollement tractionnel de la rétine, une intervention chirurgicale appelée vitrectomie peut être nécessaire. Cette intervention permet d’enlever le sang du vitré et les membranes fibrovasculaires.

La maculopathie diabétique

L’œdème maculaire diabétique (OMD) affecte principalement la vision centrale en provoquant un gonflement au niveau de la macula dû à une fuite excessive des capillaires endommagés. L’OMD peut survenir à n’importe quel stade de la rétinopathie diabétique et nécessite souvent un traitement spécifique.

Les injections intra-vitréennes (IVT) d’anti-VEGF constituent actuellement le traitement principal pour réduire l’œdème maculaire. Elles agissent en inhibant le facteur endothelial growth factor (VEGF), responsable de l’augmentation de perméabilité vasculaire et de néovascularisation anormale. Des séances répétées peuvent être nécessaires pour maintenir ou améliorer l’acuité visuelle.

Comment fonctionne le traitement laser ?

Le traitement au laser, notamment la panphotocoagulation rétinienne (PPR), joue un rôle fondamental dans le traitement des stades avancés de la rétinopathie diabétique. Le principe repose sur l’application ciblée d’impacts laser sur toute la périphérie rétinienne afin d’éliminer les zones ischémiques qui produisent des facteurs proangiogéniques comme le VEGF.

Cette intervention aide à régresser les néovaisseaux anormaux formés lors du stade proliférant. Elle permet également d’éviter ou limiter les hémorragies intra-vitréennes ainsi que les décollements tractionnels ultérieurs susceptibles d’entraîner une cécité irréversible si non traités à temps.

La PPR est réalisée sous anesthésie locale avec utilisation éventuelle d’une lampe à fente pour visualiser précisément chaque zone traitée lors de plusieurs séances espacées selon la gravité de l’atteinte initialement observée pendant les examens préalables.

Pourquoi réaliser des injections d’anti-VEGF (IVT) ?

Les injections intra-vitréennes (IVT) d’anti-VEGF sont devenues incontournables dans la prise en charge de l’œdème maculaire diabétique ainsi que certaines formes sévères de rétinopathie proliférante où la photocoagulation laser seule ne suffit pas à contrôler l’évolution de la maladie efficacement à long terme.

Les anti-VEGF tels que ranibizumab (Lucentis), aflibercept (Eylea), ou bévacizumab (Avastin) agissent directement contre le facteur endothelial growth factor empêchant la formation de nouveaux vaisseaux anormaux responsables de l’exacerbation des symptômes. Les patients traités régulièrement avec ces molécules montrent généralement une amélioration significative de leur acuité visuelle globale et une stabilisation des œdèmes observés au fond d’œil. Des examens tomographiques de cohérence optique (OCT) réalisés lors du suivi postopératoire rapproché sont indispensables pour garantir un succès thérapeutique optimal et minimiser les risques d’effets secondaires potentiels associés à des injections répétitives dans le milieu intraoculaire délicat.

Le traitement des facteurs favorisants

Le traitement médical du diabète

Un contrôle rigoureux du diabète sucré est essentiel pour prévenir ou ralentir l’évolution vers une rétinopathie sévère. Les objectifs incluent :

  1. Maintien d’une glycémie stable avec un HbA1c < 7% idéalement.
  2. Contrôle strict de la pression artérielle : une hypertension artérielle bien gérée réduit les risques de complications.
  3. Gestion de la dyslipidémie : des niveaux de lipides sanguins régulés grâce à des médications appropriées comme les statines et les fibrates prescrites selon les besoins individuels.
  4. Suivi régulier avec un endocrinologue, un nutritionniste, et un diététicien pour optimiser les habitudes alimentaires et adapter les traitements insuliniques et hypoglycémiants oraux basés sur des analyses paramétriques spécifiques à chaque patient.

Le traitement de la rétinopathie hypertensive

La prise en charge efficace de l’hypertension artérielle constitue un élément clé dans la réduction de la prévalence et de la sévérité des atteintes hypertensives associées aux microangiopathies endothéliales. Cela est particulièrement important dans les contextes de coexistence de multiples pathologies cardiovasculaires souvent rencontrées chez les personnes âgées souffrant de comorbidités diverses.

Comment éviter la rétinopathie diabétique ?

Le dépistage

Le dépistage précoce constitue une pierre angulaire de la prévention des complications graves liées au développement progressif et insidieux de la rétinopathie diabétique. Un retard de diagnostic et de traitement augmente significativement les risques de perte de vision définitive. Un examen ophtalmologique régulier, incluant des tests avancés comme l’angiographie à la fluorescéine et la tomographie par cohérence optique (OCT), est crucial pour détecter les signes précoces et permettre une intervention rapide et efficace.

L’équilibre du diabète

Maintenir un équilibre glycémique optimal grâce à un suivi médical régulier et à des ajustements thérapeutiques personnalisés est essentiel. Cela inclut des analyses biologiques complètes détaillées, incluant le profil lipidique, les tests fonctionnels hépatiques, et les bilans hématologiques approfondis pour identifier précocement des anomalies potentiellement dangereuses.

Le suivi du fond d’œil

Réaliser des examens réguliers du fond d’œil est une recommandation forte des experts en ophtalmologie et en endocrinologie. Cela permet de détecter la moindre lésion suspecte nécessitant des investigations complémentaires pour établir un plan d’action thérapeutique ciblé. Le respect des protocoles validés scientifiquement est essentiel pour assurer une efficacité et une sécurité maximales.

Vos questions

Comment éviter la rétinopathie ?

Pour éviter la rétinopathie, il est crucial de maintenir une glycémie stable, de suivre des examens ophtalmologiques réguliers, et de contrôler strictement la pression artérielle et les niveaux de lipides.

La rétinopathie peut être détectée par un examen du fond d’œil réalisé par un ophtalmologue. Les symptômes incluent une vision floue, des taches sombres ou flottantes, et une perte de vision soudaine.

La rétinopathie diabétique se soigne par des traitements comme la panphotocoagulation rétinienne, les injections d’anti-VEGF, et la gestion médicale du diabète. Un suivi régulier du fond d’œil est également essentiel pour surveiller l’évolution de la maladie.

Les signes du diabète dans les yeux incluent une vision floue, des taches sombres ou flottantes, et des difficultés à voir la nuit. Des complications comme l’œdème maculaire et les hémorragies rétiniennes peuvent également survenir.

Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 11 juillet 2024
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