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La scintigraphie cardiaque

La scintigraphie cardiaque, également connue sous le nom de scintigraphie myocardique, est un examen d’imagerie médicale utilisé pour évaluer la perfusion du muscle cardiaque. Cet examen permet de détecter des anomalies de perfusion, telles que les ischémies myocardiques, et d’identifier les zones du cœur qui ne reçoivent pas suffisamment de sang. Il s’agit d’un outil essentiel pour diagnostiquer et surveiller les maladies coronariennes.

Qu’est-ce qu’une scintigraphie myocardique ?

La scintigraphie myocardique est une technique d’imagerie qui utilise un produit radioactif injecté dans le corps pour créer des images du cœur. Le produit radioactif, appelé traceur ou marqueur, est capté par les tissus cardiaques proportionnellement à leur perfusion sanguine. Les zones bien irriguées absorbent le traceur et apparaissent clairement sur les images, tandis que les zones endommagées ou mal irriguées montrent des anomalies de perfusion. Cette imagerie est réalisée à l’aide d’une gamma-caméra, également appelée caméra à scintillation, un détecteur spécial qui capte les rayons gamma émis par le traceur.

Quelles sont les indications de réalisation d’une scintigraphie cardiaque ?

La scintigraphie cardiaque est indiquée dans plusieurs situations cliniques :

  1. Douleurs thoraciques récentes ou prolongées : Lorsque le patient présente des douleurs thoraciques inexpliquées, la scintigraphie peut aider à déterminer si ces douleurs sont liées à une maladie coronarienne, comme l’angine de poitrine.
  2. Suspicion de maladies coronariennes : Pour diagnostiquer des rétrécissements ou obstructions dans les artères coronaires.
  3. Évaluation post-infarctus : Pour évaluer les zones du myocarde endommagées après un infarctus du myocarde.
  4. Suivi post-chirurgical : Après une intervention comme un pontage aorto-coronarien ou la pose d’un stent, pour évaluer l’efficacité de la procédure.
  5. Patients diabétiques : Les diabétiques ont un risque accru de maladies coronariennes silencieuses, et la scintigraphie aide à détecter ces anomalies.

Quels sont les deux types d’examens ?

La scintigraphie myocardique de repos

La scintigraphie myocardique de repos est réalisée sans effort physique. Le patient reçoit une injection de traceur radioactif et les images sont capturées au repos. Cet examen permet d’évaluer l’irrigation du muscle cardiaque dans des conditions basales et de détecter des anomalies persistantes de perfusion. Il est important de noter que la radioactivité résiduelle du traceur est faible et ne présente pas de danger pour le patient ou son entourage.

La scintigraphie cardiaque avec test d’effort (recherche d’ischémie d’effort)

La scintigraphie cardiaque avec test d’effort, également connue sous le nom de recherche d’ischémie d’effort, est effectuée après un effort physique ou une stimulation pharmacologique (par exemple, avec du dipyridamole ou de l’adénosine). Les images sont prises avant et après l’effort pour comparer la perfusion myocardique dans les deux états. Cet examen est particulièrement utile pour détecter des ischémies induites par l’effort qui ne seraient pas visibles au repos. Le test d’effort peut être réalisé sur un tapis roulant ou un vélo ergométrique.

Quel est le déroulement d’une scintigraphie myocardique ?

La préparation en médecine nucléaire

Avant la scintigraphie, le patient doit suivre certaines consignes :

  • Être à jeun pendant au moins six heures avant l’examen.
  • Éviter les aliments riches en potassium (comme les fruits secs) 48 heures avant.
  • Ne pas consommer de café, thé, chocolat ou autres produits contenant de la caféine 24 heures avant l’examen.
  • Informer le médecin prescripteur de tous les médicaments pris régulièrement ; certains médicaments comme les bêta-bloquants peuvent nécessiter un arrêt temporaire. L’arrêt de certains médicaments doit être fait sous la supervision du médecin.

L’injection intraveineuse du produit de contraste radioactif (Thallium, MIBG, 99mTc)

Le jour de l’examen, le patient reçoit une injection intraveineuse du produit radioactif. Les traceurs couramment utilisés incluent le Thallium-201 (Tl-201) et le Technétium-99m (Tc-99m) sous forme de sestamibi ou tétrofosmine. Ces traceurs se répartissent dans le muscle cardiaque en fonction du flux sanguin.

L’acquisition des images

Après l’injection du traceur radioactif, le patient est placé sous une gamma-caméra pour capturer les images du cœur. Ces images permettent d’évaluer la qualité de l’irrigation du muscle cardiaque. La capture des images peut être réalisée à deux moments distincts : au repos et après un test d’effort ou une stimulation pharmacologique. Les images sont ensuite analysées par un médecin spécialiste en médecine nucléaire pour détecter d’éventuelles anomalies.

L’interprétation des résultats

Les images obtenues sont analysées par un médecin spécialiste en médecine nucléaire. Les zones bien perfusées apparaissent homogènes sur les images, tandis que les zones avec des anomalies de perfusion montrent des hypofixations ou des défauts de captation du traceur. Ces anomalies peuvent indiquer des zones ischémiques ou infarciées. Si des anomalies sont détectées, un compte-rendu détaillé est fourni au cardiologue pour évaluer les options de traitement.

Quelle est la durée de l’examen ?

La durée totale de l’examen peut varier entre 2 et 4 heures. Elle dépend du protocole utilisé et du temps nécessaire pour réaliser le test d’effort et capturer toutes les images requises. L’acquisition des images au repos prend généralement une quinzaine de minutes, tandis que l’acquisition après l’effort peut prendre plus de temps.

Quels sont les effets secondaires possibles d’une scintigraphie coronarienne ?

Les effets secondaires liés à la scintigraphie coronarienne sont généralement rares et peuvent inclure :

  • Réactions allergiques au produit radioactif (très rares).
  • Sensation de chaleur ou rougeur au site d’injection.
  • Effets secondaires liés aux médicaments stimulants utilisés lors du test d’effort (palpitations, maux de tête, nausées).

Que faire en cas de scintigraphie cardiaque positive ?

Si la scintigraphie montre une anomalie significative de perfusion myocardique :

  1. Consultation avec le cardiologue : Le patient doit prendre rendez-vous avec son cardiologue pour discuter des résultats.
  2. Examen complémentaire : Une coronarographie peut être recommandée pour visualiser directement les artères coronaires et planifier un traitement approprié.
  3. Intervention thérapeutique : Selon les résultats, des interventions comme l’angioplastie, la pose d’un stent ou un pontage aorto-coronarien peuvent être nécessaires.

Il est crucial de suivre les recommandations de votre médecin après une scintigraphie cardiaque positive pour éviter des complications graves comme un infarctus du myocarde.

Quelles sont les indications de scintigraphie chez le diabétique ?

Les patients diabétiques présentent souvent des ischémies silencieuses qui ne se manifestent pas par des symptômes classiques comme l’angine de poitrine. La scintigraphie cardiaque est particulièrement indiquée pour :

  1. Détection précoce : Identifier précocement les anomalies de perfusion chez les patients diabétiques asymptomatiques.
  2. Suivi post-intervention : Évaluer l’efficacité des interventions coronariennes chez les patients diabétiques.
  3. Bilan pré-opératoire : Avant une chirurgie majeure chez un patient diabétique présentant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire.

Vos questions

Comment se passe une scintigraphie pour le cœur ?

Lors d’une scintigraphie cardiaque, le patient reçoit une injection intraveineuse d’un traceur radioactif puis est placé sous une gamma-caméra pour capturer des images du cœur au repos et après un test d’effort ou stimulation pharmacologique.

Un cardiologue peut demander une scintigraphie pour évaluer la perfusion myocardique et détecter des anomalies telles que les ischémies myocardiques ou infarctus non détectés par d’autres examens moins spécifiques. Cela permet également de mieux planifier les traitements nécessaires.

L’examen dure généralement entre 2 à 4 heures selon le protocole utilisé et le temps nécessaire pour capturer toutes les images post-effort.

Il est recommandé d’éviter certains aliments riches en potassium comme les fruits secs 48 heures avant l’examen et d’être à jeun pendant au moins six heures avant l’examen.

Oui, il est souvent conseillé d’être à jeun pendant quelques heures avant l’examen pour optimiser la qualité des images obtenues durant la procédure.

Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 10 juillet 2024
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