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L'Index de pression systolique (IPS)

Qu’est-ce que l’indice de pression systolique ?

L’indice de pression systolique (IPS), également connu sous le nom d’indice tibio-brachial (ITB) ou Ankle Brachial Index (ABI) en anglais, est un examen médical non invasif utilisé pour évaluer la circulation sanguine dans les membres inférieurs. Il s’agit du rapport entre la pression artérielle systolique mesurée à la cheville et celle mesurée au bras. Cet indice est crucial pour diagnostiquer diverses pathologies vasculaires, telles que l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Pour obtenir une mesure précise, il est essentiel de suivre une méthode rigoureuse et standardisée.

L’IPS se calcule en divisant la pression artérielle systolique de la cheville par celle du bras. Par exemple, si la pression systolique à la cheville est de 140 mmHg et celle au bras est de 120 mmHg, l’IPS serait de 1,17. Cette valeur permet d’évaluer l’état des artères périphériques et d’identifier d’éventuelles obstructions ou rigidités artérielles. La mise en évidence de ces anomalies peut aider à prévenir des complications graves comme celles liées à l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs.

Quel est l’objectif du calcul de l’IPS ?

Le principal objectif du calcul de l’IPS est de diagnostiquer et de surveiller l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Cette pathologie se caractérise par un rétrécissement ou une obstruction des artères périphériques, souvent causée par l’athérosclérose. L’IPS permet d’évaluer la gravité de cette obstruction et d’adapter le traitement en conséquence.

Outre le diagnostic de l’AOMI, l’IPS sert également à dépister les patients présentant un risque accru de maladies cardiovasculaires. Un IPS anormal est souvent associé à une augmentation significative du risque d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral et de mortalité cardiovasculaire. Aussi, cet indice est utile pour surveiller l’évolution des ulcères du pied chez les patients diabétiques, prévenant ainsi les complications sévères telles que les amputations. La mesure de l’IPS est particulièrement importante chez les personnes âgées et les patients diabétiques.

Quelles sont les différentes techniques de mesure de l’IPS ?

La mesure de l’IPS peut être réalisée à l’aide de différentes techniques, chacune ayant ses spécificités et avantages.

  1. Sonde Doppler : La technique la plus courante implique l’utilisation d’une sonde Doppler portable. Cet appareil permet d’écouter le flux sanguin dans les artères et d’obtenir une mesure précise des pressions systoliques.

  2. Imagerie par flux couleur : Cette méthode utilise une imagerie Doppler plus avancée pour visualiser le flux sanguin en couleur, offrant ainsi une meilleure précision diagnostique.

  3. Appareils automatisés : Certains dispositifs automatisés peuvent mesurer simultanément les pressions aux chevilles et aux bras, réduisant ainsi le temps nécessaire pour obtenir des résultats précis.

Chaque technique nécessite une formation adéquate pour garantir la fiabilité des mesures et minimiser les erreurs potentielles. La prise en compte des facteurs de risque cardiovasculaire est essentielle lors de l’interprétation des résultats.

Comment se réalise un index de pression systolique cheville-bras ?

Pour réaliser un index de pression systolique cheville-bras, il est important de suivre une procédure standardisée afin d’assurer des résultats précis et reproductibles :

  1. Positionnement du patient : Le patient doit être allongé depuis au moins 5 à 10 minutes, immobile, avec les bras le long du corps.

  2. Placement des brassards : Un brassard est placé autour de la cheville du patient, avec le bord inférieur situé à environ 20 mm au-dessus de la malléole médiale. Un autre brassard est placé autour du bras.

  3. Utilisation du Doppler : La sonde Doppler est utilisée pour écouter le flux sanguin dans les artères tibiale postérieure ou dorsale du pied au niveau des chevilles, ainsi que dans l’artère humérale au niveau des bras.

  4. Gonflement et dégonflement des brassards : Le brassard est gonflé jusqu’à 20 mmHg au-dessus de la pression interrompant le flux sanguin puis dégonflé lentement jusqu’à ce que le signal réapparaisse.

  5. Mesure des pressions systoliques : Les pressions systoliques sont mesurées aux chevilles et aux bras et enregistrées pour calculer ultérieurement l’IPS.

Cette procédure doit être réalisée sur les deux membres inférieurs pour obtenir une évaluation complète et comparée. En fonction des cas de figure, un examen complémentaire de la pression d’orteil peut être nécessaire.

Comment se réalise la mesure de l’IPS ?

La mesure précise de l’IPS implique plusieurs étapes méthodiques :

  1. Préparation du matériel : Assurez-vous d’avoir un tensiomètre, une sonde Doppler portable et des brassards adaptés aux chevilles et aux bras.

  2. Positionnement correct : Le patient doit être allongé confortablement depuis au moins 5 à 10 minutes pour stabiliser sa pression artérielle.

  3. Placement du brassard à la cheville : Le brassard doit être positionné correctement avec son bord inférieur situé à environ 20 mm au-dessus de la malléole médiale.

  4. Utilisation du Doppler : Appliquez un gel conducteur sur la peau au site d’écoute choisi (artère tibiale postérieure ou dorsale du pied), puis placez la sonde Doppler pour écouter le flux sanguin.

  5. Gonflement progressif : Gonflez le brassard jusqu’à ce que le flux sanguin soit interrompu (environ 20 mmHg au-dessus du point où le signal disparaît).

  6. Dégonflement lent : Dégonflez lentement le brassard jusqu’à ce que le signal Doppler réapparaisse, notant cette pression comme la pression systolique à la cheville.

  7. Répétition aux bras : Répétez les étapes ci-dessus pour mesurer la pression systolique aux bras (artère humérale).

  8. Calcul final : Divisez la pression systolique à la cheville par celle du bras pour obtenir l’IPS.

Cette méthode garantit une haute précision dans les mesures, essentielle pour diagnostiquer correctement les pathologies vasculaires périphériques. Une bonne prise en charge repose sur la précision de ces mesures.

Quelle est la valeur d’un IPS normal ?

L’interprétation des valeurs de l’IPS permet d’évaluer efficacement l’état des artères périphériques :

  • Valeur normale : Un IPS compris entre 0,9 et 1,3 est considéré comme normal.
  • Valeur élevée (>1,3) : Peut indiquer une médiacalcose (calcification médiale), rendant les artères incompressibles.
  • Valeur basse (<0,9) : Suggère une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), souvent associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires.
  • Valeur intermédiaire (0,91 – 0,99) : Peut nécessiter des examens complémentaires si le contexte clinique est évocateur.
  • Valeur très basse (<0,6) : Indique généralement une pathologie artérielle sévère avec un risque élevé d’ulcération ou même d’amputation sans intervention appropriée.

Ces seuils permettent aux professionnels de santé d’établir un diagnostic précis et d’adapter leur prise en charge thérapeutique en conséquence.

Que signifie un index de pression systolique haut ?

Un IPS élevé (>1,3) peut révéler un problème particulier lié à l’incompressibilité des artères :

  • Médiacalcose : Cette pathologie se caractérise par une calcification importante des parois artérielles qui empêche leur compression sous la pression normale exercée par le brassard.
  • Facteurs associés : Ce phénomène est fréquemment observé chez les patients âgés ou atteints de diabète sucré.
  • Implications cliniques : Une médiacalcose indique souvent un risque cardiovasculaire accru malgré une apparente absence d’obstruction artérielle périphérique détectable par cette méthode conventionnelle.

Il est donc crucial pour les cliniciens confrontés à ces valeurs élevées d’envisager des examens complémentaires comme la mesure directe avec un laser-Doppler ou autres méthodes avancées afin d’éviter tout biais diagnostique potentiel lié aux limitations intrinsèques inhérentes aux techniques classiques.

Pourquoi l’IPS augmente en cas d’AOMI ?

En présence d’une Artériopathie Oblitérante Des Membres Inférieurs (AOMI), plusieurs mécanismes physiopathologiques sont mis en jeu conduisant typiquement vers divers niveaux altérés observables directement via nos indices précités :

  1. Rétrécissement progressif voire occlusion totale engendrant diminution significative du débit circulatoire localisé au membre affecté comparativement aux zones adjacentes indemnes.
  2. Compensation hémodynamique tentée par le corps humain visant à maintenir une perfusion tissulaire minimum vitale principalement via la régulation du tonus vasomoteur régional.
  3. Apparition de collatérales assurant partiellement une suppléance fonctionnelle contingentée par la vascularisation originelle compromise chroniquement secondaire à un processus athéroscléreux étendu.

Ainsi, comprendre intimement les interactions complexes intervenant lors du développement et de la progression de l’AOMI demeure essentiel non seulement pour la perspective thérapeutique mais aussi pour la prévention des complications majeures envisageables contextuellement à chaque situation clinique spécifique rencontrée quotidiennement.

Pourquoi mesure-t-on l’index de pression systolique en cas de diabète ?

Les patients diabétiques présentent souvent un risque accru de développer des complications vasculaires multiples, notamment l’AOMI :

  1. Prévalence augmentée de l’athérosclérose accélérée par l’hyperglycémie chronique contribuant à la rigidification progressive des structures endothéliales affectant globalement l’intégrité fonctionnelle du système circulatoire complet.
  2. Détection précoce indispensable pour prévenir les ulcérations cutanées potentiellement invalidantes voire mutilantes nécessitant parfois recours à des amputations radicales pour éviter une septicémie généralisée fatale sans intervention chirurgicale immédiate et adéquate.

Ainsi, l’utilisation systématique et régulière de l’IPS chez les sujets diabétiques permet d’identifier rapidement des anomalies débutantes et de corriger promptement les interventions appropriées minimisant les risques à long terme associés à cette pathologie complexe multifactorielle intrinsèquement liée aux conditions métaboliques perturbées.

Vos questions

Comment calculer l'index de pression systolique ?

Le calcul de l’IPS reste fondamentalement simple mais nécessite une rigueur méthodologique absolue pour garantir la fiabilité des résultats obtenus :

  1. Mesurez soigneusement la pression systolique brachiale de chaque bras indépendamment et notez celle qui affiche les valeurs maximales.
  2. Répétez la même procédure pour les membres inférieurs en ciblant spécifiquement l’artère tibiale postérieure ou dorsale des pieds successivement à droite et à gauche.
  3. Divisez ensuite simplement la pression systolique de la cheville par celle du bras retenue comme référence.

L’Indice de Pression Systolique traditionnel implique généralement l’utilisation d’un brassard et d’un stéthoscope, tandis que l’IPS Doppler utilise une sonde Doppler pour détecter les sons artériels, offrant une précision accrue dans la mesure des pressions systoliques. Cette distinction repose essentiellement sur la qualité des informations recueillies, influençant directement les décisions thérapeutiques finales.

L’IPS aide à détecter diverses pathologies vasculaires :

  • Pathologies veineuses : Comme les varices, les œdèmes à la cheville et les plaies rétro-malléolaires.
  • Pathologies artérielles : Incluant la perte des pouls distaux, les cyanoses et les plaies creusantes et douloureuses.
  • Pathologies mixtes : Où à la fois les systèmes veineux et artériels sont partiellement compensés mais endommagés.Ces distinctions sont cruciales pour planifier des traitements spécifiques et efficaces pour chaque type de pathologie.
Article rédigé par Eliott Hergat, médecin et cofondateur
Dernière modification le 10 juillet 2024
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